L’église et son histoire partie 3

cadastre 1834 v1Les documents disponibles aux archives départementales pour cette affaire sont rares, mais suffisants pour comprendre que la démolition et la reconstruction du chœur et du clocher étaient inévitables.

La décision de démolir le clocher et le chœur fut prise, il fallait donc faire établir un devis et trouver de quelle manière la commune allait financer ces travaux. Délibération du conseil municipal du 21 février 1850.

«…Monsieur le Maire à déposé sur le bureau les plans et le devis estimatif se montant à la somme de sept mille quatre cents francs (1) dressé par Mr Dupasquier (2) architecte à Lyon, à la date du quatorze de janvier dernier pour la construction du chœur et du clocher de l’église de la commune de Pizay dont il a donné lecture… .…Considérant qu’il est de la plus urgente nécessité de mettre la main à ces reconstructions le plus tôt possible afin de mettre un terme aux dangers dont les habitants sont menacés…. …invite Monsieur le Maire à soumettre sans délais à l’approbation de Monsieur le Préfet… …afin d’activer le plus vite possible la marche de ces constructions, votent à l’unanimité avec le concours des plus imposés de la commune présents… …une imposition extraordinaire de 25 cts sur le principal des quatre contributions… …de la commune à prendre cours à partir du premier janvier mil huit cent cinquante et un pour continuer ainsi annuellement jusqu’à ce qu’avec les 2428 francs qui sont à la caisse municipale de la commune et le peu de ressource que pourra affecter la Fabrique, ils aient réaliser la somme nécessaire pour faire face à toutes les dépenses en question, supplie humblement le gouvernement de vouloir bien prendre à cœur le malheureux  état de cette pauvre commune qui a tant fait de sacrifices depuis une quinzaine d’années en autre pour se faire construire un presbytère, pour l’achat d’un maitre autel  en marbre, pour se procurer tous les vases et ornements nécessaires à la célébration des offices divers, pour l’ouverture de la route départementale n°21 dont elle a fait abandon de tout le terrain nécessaire à son établissement, dont elle à payé 20 cts par francs pendant huit ans… …en lui accordant la somme de 2000 francs au titre de secours…»

(1) 29600 euros environ
(2) Architecte diocésain

Au XIXème  siècle et surtout dans la seconde moitié, de nombreuses communes du département ont du faire face à des dépenses importantes. Pizay à du financer la reconstruction de l’église, la construction du presbytère, la route départementale n° 21, une Maison d’Ecole. Pour y faire face, la commune pouvait disposer de la caisse municipale, d’impositions extraordinaires, de secours de l’Etat, d’emprunts, le la vente de biens et pour l’église, de la caisse de la Fabrique communale.

Imposition extraordinaire : Chaque année, le Percepteur établissait la liste des « trente les plus imposés’’ et des dix suppléants. Ces personnes les plus imposées étaient convoquées par le maire pour siéger à parité égale avec le conseil municipal pour voter des modifications sur les quatre impositions directes  (1*). L’augmentation se faisait en ajoutant quelques centimes par franc sur le principal, elle permettait d’assurer par exemple le remboursement des emprunts contractés à la caisse des dépôts et consignation: c’était le centime additionnel. (Loi du 18 juillet 1837 sur les finances communales). Ces modifications étaient validées par le préfet.

La Fabrique municipale: C’est l’ensemble des biens d’une église paroissiale et notamment des fonds réservés à son entretien et à des réparations éventuelles. Elle était gérée par le conseil de Fabrique constitué de civils et de clercs, les civils étaient nommés par le préfet sur proposition du maire.

Vente de bois: Les forêts communales étaient divisées en quatre quarts, trois étaient divisés en 25 à 30 coupons, ils étaient destinés aux habitants, c’était l’affouage. Le dernier quart appelé ‘’quart en réserve’’ était la parcelle qui avait le bois le plus prometteur, sa coupe était soumise à l’accord de l’inspecteur des forets.

Pour la démolition et la reconstruction du chœur et du clocher, le budget fut bouclé grâce à un secours de 2000 francs du ministère des cultes.

L’adjudication s’est faite au moins disant sous pli cacheté à Mr Pijolet entrepreneur à Meximieux qui a consenti  un rabais de 10,24%. Les travaux ont été exécutés suivant le devis et le cahier des charges. L’entrepreneur fut payé en temps voulu.

Le clocher fut reconstruit en façade après la démolition de celle-ci, le chœur fut reconstruit à son emplacement d’origine

(1*) Les quatre contributions sont : contributions foncières, personnelles et mobilières, portes et fenêtres, patentes.


-> L’église et son histoire partie 4


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s