Les Fermes de Pizay

Entre Dombes et Côtière

Les fermes de Pizay, une particularité entre Dombes et Côtière

Le pays du Lyonnais fait partie d’un ensemble plus vaste incluant la Bourgogne méridionale, le bas Dauphiné et la Basse Savoie qui correspond à une zone de transition où les traditions communautaires de type « nordique » ne sont pas absentes mais où elles apparaissent désorganisées par l’ « individualisme » agraire des pays méditerranéens.

Région qui alterne région haute et région basse et détermine deux modes de construction : en pierre et en pisé.

La transition entre la Bresse et la Dombes n’est pas brutale, mais la Dombes n’en apparaît pas moins fort différente. Ce plateau glaciaire, moins vallonné que la Bresse, qui s’étend entre Bourg et Lyon, porte des terrains pauvres. La fonte des anciens glaciers, n’a laissé que des alluvions décalcifiées formant un limon silico-argileux, difficile à travailler, qui, en temps de sécheresse mérite l’appellation de béton qu’on lui donne localement. Sous la mince couche arable, les marnes (pierre de France ou de Maastricht, roche sédimentaire contenant du calcaire et de l’argile en quantité à peu près équivalente) imperméables favorisent la stagnation de l’eau. Ce phénomène a permis la création, depuis le Moyen-âge, d’une multitude d’étangs (couvrant aujourd’hui 11 000 hectares) exploités en assolement (division de l’exploitation d’une terre agricole en parties distinctes appelées soles ou pies) : deux années en évolage (en eau pour la production du poisson), une année en assec pour la culture.

L’emprise citadine est importante puisqu’elle s’affirme sur plus de la moitié du territoire de la région. Elle concerne de grands domaines exploités naguère en métayage (type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un métayer le soin de cultiver une terre en échange d’une partie de la récolte), aujourd’hui en fermage (contrat par lequel un propriétaire (le bailleur) transfère à un tiers (le preneur) la jouissance d’un bien rural contre le versement, en argent ou en produits d’une valeur fixe, le fermage). Le bailleur n’a pas, en tant que tel, la qualité d’exploitant agricole, ainsi que les étangs et les bois qui constituent une vaste réserve de chasse.

En 1793, une loi promulgue le desséchement des étangs et la Dombes est déclarée comme insalubre. Ainsi, de nombreux étangs ont étés éliminés. A partir des années 1865, le second empire intervient rigoureusement et accomplit un incontestable effort pour assainir les Dombes et y améliorer la vie.

Pizay appartient à la Dombes boisée ou Côtière, les étangs y sont rares. C’est une zone de polyculture exploitée en faire-valoir direct. Aujourd’hui, il ne demeure plus qu’un étang à Pizay.

Le village étant situé sur la limite de la Dombes, nous évoquerons à la fois les fermes dombistes et pizolande.

La vie dans les fermes dombistes

Au XIX° siècle, « dans chaque ferme, il y avait infiniment plus de personnes qu’aujourd’hui ».

Il y avait tout d’abord le fermier, « le patron », sa femme, « la patronne  ou plutôt la maîtresse », les enfants, et les domestiques.

Dans une ferme d’une centaine d’hectares en Dombes, au sein des domestiques on trouvait :

  • Le valet
  • Le gros bouvier, le petit bouvier
  • Le carabi (Kara)
  • Deux servantes : la grosse et la petite bonne
  • Le petit gardien de cochon, qui, à partir de huit ans, quittait l’école de mars à novembre – Le vacher
  • Le gardien d’oies.

Au total on compte jusqu’à neuf domestiques alors qu’aujourd’hui il n’en reste plus qu’un voire plus du tout.

Ces personnes devaient s’occuper 24H/24 (à travailler, boire, dormir, manger) en étant autorisées à faire des siestes d’une heure les étés. Il était interdit de ne rien faire.

Les recrutements se faisaient lors de « marchés de domestiques » dans les gros chefs-lieux de canton. Les patrons et candidats s’abordaient sur la place ou au café (à Montluel en particulier).

A la fin du XIX° siècle, A Pizay, la hiérarchie sociale s’établissait ainsi: – Propriétaire

  • Propriétaire exploitant (peu nombreux voire rare)
  • Fermier (bénéficiant d’un contrat annuel, renouvelé chaque année le 11 Novembre) – Journaliers
  • Trimards, allant de village en village

Evolution de l’architecture rurale de la Dombes et de la Côtière

1 – La Dombes

La densité de la population est faible et l’habitat se disperse en grandes fermes isolées au milieu de leurs terres. Les bâtiments eux-mêmes sont disséminés autour d’une cour ouverte. Le matériau des constructions des murs est uniformément le pisé banché ; ce n’est que vers la vallée de la Saône que la physionomie des maisons se modifie : cour fermée et apparition de la pierre dans la construction. Par son habitat et son architecture traditionnelle, autant que par ses paysages et ses structures socioéconomiques, la Dombes constitue un pays à part entière.

Le caractère de région basse, fait de la terre, l’unique matériau disponible pour les constructions immobilières mais permet des constructions efficaces. C’est une contrainte naturelle qui renforce le caractère « méditerranéen » (apparaissant dans la terre et les tuiles par exemple).

 Aujourd’hui, pratiquement aucune maison ne se présente dans son état originel. Presque toutes ont subi au XIX° et XX°, des ajouts, aménagements, transformations, dus pour l’essentiel à des changements de programme économique et parfois à la prise en compte de nouveaux modèles architecturaux d’origine urbaine.

L’architecture rurale est en perpétuelle évolution depuis le XVIII°. L’évolution ne se trouvant pas dans les matériaux mais dans les formes.

Ce qui différencie l’architecture selon les différentes zones géographiques :  -L’activité agricole

  • La destination économique de la maison, base de la typologie, détermine l’existence de la cave, l’importance de la grange, organisation des bâtiments etc.
  • La différenciation socio-économique
  • La multiplicité des formes architecturales est à l’image de la diversité des cultures locales.
  • La différence entre les maisons Bressanes et celles de la Dombes réside dans l’emploi du pisé.
  • Les habitats sont dispersés en fermes isolées (plutôt qu’en hameau) et appartiennent surtout à des Lyonnais et exploités en fermages. Elles sont établies au milieu de leurs terres.

Les bâtiments sont nombreux. Il arrive que chaque fonction ait son bâtiment séparé. En général, comme en Bresse, on a deux bâtiments principaux, l’habitation et le bâtiment grange-étable se faisant face de chaque coté d’une cour ouverte. Les bâtiments d’exploitation et hangars sont nombreux et importants. Parfois, un bâtiment d’exploitation se trouve accolé en retour d’équerre au bâtiment d’exploitation, groupement emprunté par la région bressane.

Les parcelles ne sont pas clôturées mais les bâtiments forment une cour centrale.

Le toit déborde plus ou moins largement sur la façade soutenu par une rangée de poteaux de bois ou de piliers. Cela s’explique par l’obligation de sortir et de longer la bâtisse pour aller effectuer des fonctions telles que chercher l’eau au puits, du bois au hangar, etc. on pouvait alors circuler au sec le long des murs lors des jours de pluie ou de neige.

Les fermes de pizay – suite

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