L’ancien lavoir

L’eau est une source de vie qui prend beaucoup d’importance pour l’homme

Depuis l’antiquité et dans la plupart des mythologies et religions, c’est l’eau qui est à l’origine de la vie, là où la vie prend forme.

La Dombes est un territoire qui ne manque pas d’eau avec ses nombreux étangs, malheureusement ces étangs étaient tellement nombreux qu’ils ont été source de polémique par rapport à l’insalubrité de la Dombes au milieu du XIX° siècle. Bien que beaucoup d’entre eux aient été asséchés, on en trouve encore en très grand nombre. Pizay, village de la Côtière ne possède pas d’étang mais un seul cours d’eau au Sud-Est, la rivière du Cottey.

Le lavoir est un bassin d’eau destiné à la lessive. Il a été introduit en France, par le courant hygiéniste du 19ème siècle. Presque toutes les communes en France se sont dotées de lavoirs de différentes sortes à partir de 1850.

Les lavoirs sont aujourd’hui considérés comme une richesse du patrimoine rural.

L’intérêt de l’étude des lavoirs permet d’avoir une idée sur la place de certaines femmes dans la société du XVIII°/XIX° siècle, nommées les « lavandières ». Le travail était difficile, rude et fatigant, elles étaient courbées et agenouillées durant des heures. Elles avaient les mains dans l’eau froide à toutes les saisons, « tremper le linge, le savonner, le brosser jusqu’à obtenir une propreté parfaite, le rincer, le tordre, l’essorer à grands coups de battoirs jusqu’à épuisement du tas » (source internet : les lavoirs de France).

Les deux lavoirs de Pizay

Les lavoirs aménagés ont toujours existé, ils prenaient parfois la forme simple d’une pierre plate posée au bord de la rivière. C’est au XIX° siècle, suite aux épidémies de choléra et à la prise de conscience au niveau de l’hygiène, que l’on voit de véritables constructions pour laver le linge. Les communes ont été encouragées à aménager des lavoirs publics.

Il s’agit d’un lieu de rencontre entre les femmes du village, un lieu de bavardage, et aussi l’occasion pour ces dames, de sortir un peu de leur foyer. Il est considéré comme leur domaine « réservé ». Au fil du temps, on les a appelé blanchisseuses au XVIII°, lavandières au XIX°, lessiveuse au XX°, puis, vinrent les machines à laver.


Croquis architectural du premier lavoir

lavoirCroquis Affiché en Mairie


C’est en 1883 que pour la première fois on évoque la création d’un lavoir. Les délibérations du conseil municipal de 1883 expliquent qu’aucun lavoir n’existait à Pizay et qu’il était nécessaire d’en construire un où les femmes seraient à l’abri de toutes les intempéries et pouvant contenir au moins vingt femmes. Le lavoir sera construit sur le pré communal de « grasse vache », « à l’époque des grands froids ou des jours de pluie, les femmes de la commune sont exposées à toutes les rigueurs de la saison les jours où elles lavent la lessive, faute d’un lavoir public qui les mettrait à l’abri des intempéries pendant les mauvais jours et qui les garantirait des ardeurs du soleil les jours de grandes chaleur » (extrait des délibérations de 1883). En 1885, la commune acquiert le terrain où sera construit le lavoir et il sera construit aux environs 1811, en bordure du Cottey, pour la somme de 2704 francs. Il mesurait 10m de long, et était couvert. Il a été abandonné et détruit en 1943 lors de la mise en service du nouveau lavoir au plus proche du village le long de la D22.

L’ancien lavoir était donc un bâtiment à part entière, construit le long de la rivière et comprenait de quatre murs et un toit. On pouvait y accéder par un petit escalier menant à une seule porte. L’intérieur était divisé en trois parties, l’une pour accueillir les femmes, l’autre formant un long rectangle de 10m de long constituait le lieu de lavage et enfin un petit espace carré servait pour le rinçage.

Certaines descendaient leur linge à laver à l’aide de charrettes tirées par un cheval ou une vache, d’autres allaient au lavoir à pied avec leur bassine sur une brouette. Avant l’existence le lavoir, beaucoup de personnes lavaient leur linge dans les boutasses.

Ce lavoir devenu inutile, menaçant de ruine et considéré comme un danger permanent pour les bergers qui y mènent leurs bêtes, sa destruction est décidée.

Toutes les tuiles et matériaux utilisables seront récupérés par le maître maçon en charge de la démolition.

Le nouveau lavoir a été construit en même temps que le réseau d’eau entre 1937 et 1939, en face du au monument aux morts, à l’emplacement de la caserne des pompiers aujourd’hui. Il était plus pratique grâce à l’eau courante et placé au milieu du village. Il nécessitait donc moins de moyens de transport et était d’un accès plus aisé. Ce nouveau lavoir a été construit pour des raisons pratiques, il raccourcissait le trajet depuis le centre du village. Celui-ci a été démolis dans les années 1980 pour permettre la construction du locale du service communal et des pompiers.

La vie autour du lavoir

IMG_3172Pour l’ancien lavoir, les femmes descendaient en groupe autour du lavoir où elles se réunissaient. C’était un moment où elles se retrouvaient pour discuter entre elles.

Cependant, le transport de linge était un effort physique considérable. Pour les particuliers, les lessives se faisaient principalement par période de « grosses lessives ».


Témoignage

Une journée de lessive au café restaurant auberge DERRIAS.

« La veille de la lessive il fallait mettre à tremper le linge dans une cuve en bois de 2 mètres de diamètre et 1 mètre de haut posée sur un trépied où on récupérait les eaux du toit avec de la cendre de bois. La matin très tôt, on allumait la chaudière remplie d’eau pour faire bouillir le linge. Deux femmes journalières étaient embauchées pour aide au lavage. Il y avait trente à quarante draps et une soixantaine de serviettes et torchons à laver. Lorsqu’une partie du linge avait bouilli, il fallait le sortir avec de gros bâtons en bois pour ne pas se bruler et le mettre dans des grandes bassines. Un homme attelait la jument à la charrette et il chargeait les bassines pour le descendre  au lavoir. Les femmes journalières le lavait et le brossait sur le bac du lavoir, ensuite elles le rinçaient. Deux personnes de forte poigne le tordait pour l’essorer.

Pendant que les femmes lavaient, l’homme était remonté chercher une deuxième charrette de linge à laver, il le posait au lavoir et remontait le linge lavé. Pendant ce temps, mon père avait mis un cordeau entre les marronniers devant le café jusqu’au marronnier devant la maison du charron à presque 200 mètres pour pouvoir étendre le linge pour le faire sécher. Il y avait une lessive tous les deux à trois mois. »

 Marcel DERRIAS 


 « Il y avait le lavoir du haut et le lavoir du bas. A la fin des années 50  il ne restait que le lavoir du haut. « J’aimais bien ce lavoir, les draps étaient vraiment propres. Nous n’étions plus que deux personnes à l’utiliser ». «Nous utilisions la charrette de la laiterie et des seaux d’eau chaude, des gants, une lessiveuse ». «A cette époque là il fallait laver les couches des enfants qui étaient en tissu ». 

«  En revanche, au moment où l’on utilisait le lavoir du bas les gens portaient peu de vêtements. On faisait de grosses lessives au printemps espacées de quelques semaines. Les femmes et les filles remontaient le linge mouillé avec des brouettes depuis le ruisseau du Cottey ». 

Odette PRAT – Claudia CHEVELU


 

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